Faustin Soulouque

Faustin Soulouque

Le 1er Mars 1847, le Sénat se réunit pour donner un successeur an président Riché. Plusieurs votes se succédèrent exactement semblables; les généraux Paul et Souffrant obtenaient le même nombre de voix et Soulouque une seule. Beaubrun Ardouin recommanda alors la candidature de l’ homme qui, à chaque vote avait obtenu une voix et c’ est ainsi que Faustin Soulouque surnommé le bonhomme Coachie, fut élu Président d’ Haiti.

Très surpris de cet honneur auquel il ne s’ attendait pas, il accepta cependant les devoirs de sa charge:” Je saurai me conduire en Chef” dit-il. Soulouque conserva les ministres de Riché même Céligny Ardouin qui le vexait par des propos méprisants. A la fin de Juillet 1847, comme le Nord tenait de se séparer, le Président décida de partir pour le Cap et il ordonna à ses ministres de l’ accompagner. Presque tous démissionnèrent pour rester à Port-au-Prince. Mais Céligny Ardouin dut accompagner Soulouque, même après avoir démissionné. Pendant l’ absence de Soulouque, la terreur rêgna à Port-au-Prince entretenue par le général Maximilien Augustin, dit “Similien et par ses partisans les “Ziglins”. Un Sénateur journaliste, Joseph Courtois, dénonca les intentions de Similiens et l’ accusa de vouloir massacrer la société de Port-au-Prince. Soulouque, à son retour, fit juger Courtois par les Sénateurs. Il fut acquitté par un premier jugement et condamné par un deuxième à un mois de prison. Mais Soulouque voulait le faire fusiller. Sur les démarches du Ministre de France, il lui permit de s’ exiler. Une prise d’ armes avait eu lieu dans l’ arrondissement d’ Aquin. Soulouque accusa Céligny Ardouin d’ avoir exité la révolte. Celui-ci s’ emporta jusqu’ à frapper le pied sur le plancher. Un coup de feu fut tirer dans la cour du Palais, puis une fusillade éclata qui fit de nombreuses victims parmi lesquelles Céligny Ardouin qui fut blessé et conduit en prison. Des adversaires du Président se groupèrent sur la place du quai. Ils étaient décidé à se défendre et refusèrent de se disperser quand Similien leur commanda de le faire. Alors la troupe fit feu sur la foule et tua une vingtaine de manifestants. Le lendemain, la répression continua, terrible. Pendant trios jours, on massacra beaucoup de citoyens soupconnés d’ etre les partisans d’ Ardouin. Le Sud était en armes. Soulouque y entrepris une tournée qui dura depuis le mois d’ Avril juaqu’ au mois d’ Août 1848. Le sang coula. Beaucoup de citoyens de valeur, et d’ autres moins connus, furent condamnés et exécutés. Pour rétablir l’ unité du gouvernement dans l’ Ile, Soulouque entra en campagne contre la Partie de l’ Est et franchit la frontière, le 9 Mars 1849, à la tête de 15,000 hommes. L’ unité patriotique manqua pour cette guerre: la société de Port-au-Prince ne voulut pas exposer ses enfants pour la défense du pays. Cependant, l’ armée haitienne remporta partout des victoires: à Las Matas, à San Juan etc…. Les Dominicains réunirent leurs forces, pour défendre le passage de la rivière Ocoa. Après un combat très vif, les Haitiens victorieux avaient dejà franchit la rivière et poursuivaient l’ ennemi en déroute lorsque, brusquement, le signal de la retraite se fit entendre. Notre armée pris le chemin du retour, mais en désordre. L’ ennemi nous poursuivit et se fut la déroute avec des pertes considérables en hommes et en matériel. C’ est Soulouque qui avait ordonné la retraite de son Quartier-général d’ Azua parce qu’ on lui avait dit qu’ à Port-au-Prince, un soulèvement se préparait. Sa décision fut malheureuse: ce renseignement était faux. Le 25 Août 1849, Soulouque est proclamé Empereur d’ Haiti sous le nom de Faustin 1er. Faustin 1er. promulgua une Constitution imperiale. Il créa une noblesse et divers ordres imperiaux. Sa cour fut organisée sur le modèle de celle de Henry 1er. La cérémonie du sacre n’ eut lieu qu’ en Avril 1852. L’ Empereur voulait une fête grandiose et les préparatifs furent très longs. Dès la fin de Mars, des délégations arrivèrent à la Capitale de tous les coins du pays. Sur le Champs-de-Mars, deux tentes magnifiques furent dressées: l’ une en forme d’ église, pouvait contenir de sept à huit mille personnes; l’ autre, plus petite, était réservé à l’ Empereur et à sa suite. Le Dimanche 18 avril 1852, des trois heures du matin, les troupes et des délégations occupèrent le Champ-de-Mars. Les nombreux invités de marque se présenterent à leur tour. Vers 9 heures, Leurs Majestés et le cortège impérial quittèrent le Palais. Elles s’ arrétèrent dans la petite tente pour revêtir les costumes du sacre, puis elles se rendirent dans l’ église provisoire ou l’ Abbé Cessens procéda aux cérémonies religieuses du sacre. Au moment d’ être couronné, Faustin 1er. gravit les marches de l’ autel, prit lui-même la couronne et la plaça sur sa tête, puis il couronna l’ impératrice. Après le couronnement, les fêtes durèrent huit jours à Port-au-Prince. L’ expédition de l’ Est et les grandes dépenses du sacre avaient appauvri le trésor. Comme remède à la situation financière, le ministre Lysius Salomon appliqua le monopole et le tariff maximum, c’ est-a-dire que le gouvernement recueillait le café et le cotton pour les partager ensuite entre les commercants. Le Gouvernement fixa aussi le prix de vente en gros de laplupart des merchandises importés. Le résultat d’ abord les plus heureux, fut désastreux en definitive. Le gaspillage et les frauds appauvrirent bientot le trésor au point qu’ on suspendit le paiement de l’ indemnité de l’ indépendence, ce qui amena une démonstration navale de l’ Amiral français Duquesne. Jusqu’ à la fin de l’ Empire, les prisons furent continuellement remplies. Parmi les victimes du despotisme de Faustin 1er. , il faut citer Céligny Ardouin, le duc de Limbé, Similien et Bobo. En 1855, Faustin 1er. entreprit une nouvelle attaque contre l’ Est. Cette campagne ne pouvait pas réussir parce qu’ elle était mal organisée, parce que le pays était très pauvre à cette époque et parce que les Dominicains avaient remis à leut tête le fameux Santana qui organisa parfaitement la résistance. L’ expédition se termina par une débandade des troupes. Le général Geffrard était depuis longtemps l’ homme de confiance de Faustin 1er. Mais en Décembre 1858, sentant que l’ Empereur commençait à se défier de lui, il s’ embarqua de nuit et se transporta aux Gonaives ou, d’ accord avec Aimé Legros, il proclama la révolution. Faustin 1er. ne put résister aux révolutionnaires qui occupèrent bientot les postes importants de la capitale. L’ Empereur se refugia d’ abord au consulat français, puis partit pour l’ exil le 15 Janvier 1859.

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